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lemonde.fr - 21/04/2010

United States of Tara - La Théorie de l'Evolution

Il est préférable d’avoir vu le début de la saison 2 pour lire cette note.

03.1208379360.gifIl faut souvent une saison pour qu’une série révèle sa véritable identité, qu’elle assume son ambition et qu’elle revendique son avenir. C’est le temps nécessaire pour parvenir à la maturité, à l’expansion de l’histoire, à l’appréhension de sa profondeur et à la perte de sa superficialité. Une récompense en cours de route ne peut nuire au phénomène, qui conserve des relents d’alchimie, mais elle ne constitue pas une nécessité suffisante. Que Toni Collette ait obtenu le Golden Globe de la meilleure actrice pour une comédie en 2010 est plus que mérité. Non, parce que cela créait une surprise dans le palmarès, mais, d’abord parce que cela était un moyen de rendre un nouvel hommage indirect au travail de Diablo Cody, couronnée par l’Oscar du meilleur scénario de comédie pour Juno en 2007, ensuite parce que cela était l’occasion de célébrer le talent de l’actrice australienne qui réussit la prouesse d’incarner quatre personnages différents.

La première saison s’inscrivait dans la ligne que la chaîne câblée Showtime a vocation à incarner. Des personnages centraux typés, volontairement mis en avant, et qui servent de chefs d’orchestre à un groupe de seconds rôles. Cela était particulièrement évident avec Nurse Jackie, mais également avec Californicationou encore Dexter ou Weeds. Par le choix même de son sujet, United States of Tara était vouée à l’évolution ou à l’impasse.

La saison 1 laissait le sentiment d’une bonne série qui pouvait certainement mieux faire mais dont on se demandait si elle disposait des atouts nécessaires pour franchir le cap d’une gentille, bien qu’assez originale, histoire familiale dans la classe moyenne américaine. Comme d’ordinaire, avec les bonnes séries, il convenait de se montrer patient.

La saison 2 vient récompenser bien des attentes. L’histoire principale se fond dans une trame plus vaste, une parmi d’autres. Et tous les membres de la famille Gregson se mettent à exister pour eux-mêmes, et non plus seulement pour leur mère affectée par des troubles de la personnalité.

Ces histoires secondaires permettent au récit d’éviter l’ornière assez évidente d’une simple comédie dramatique qui eut vite fait de tourner en rond autour des petits déjeuners et des conversations d’avant le ramassage scolaire. Par essence, ces deuxièmes niveaux de narration se soutiennent les uns les autres et apportent à la trame principale une densité dont elle ne disposait pas lors de la saison introductive.

Alors que tout s’organisait en fonction de Tara Gregson, en une espèce de mouvement centripète qui menaçait de se reproduire à l’envi, l’évolution suit une tendance centrifuge. Cela avait été perçu lors de la première saison et il n’y a pas vraiment de surprise, sinon celle de l’originalité des voies qu’emprunte chacun des membres de la famille. D’autant plus que les parcours personnels se font écho avec une belle résonnance et une superbe finesse.

Tout ne tourne plus autour de Tara, bien qu’elle demeure le personnage central. Mais tout tourne autour du sexe avec un traitement de l’homosexualité particulièrement subtil suivant deux points de vue: celui vécu par l’un des parents et celui vécu par l’un des enfants. Marshall (le fils) poursuit dans son orientation gay en rejoignant un groupe d’élèves du lycée avant de découvrir des expériences hétérosexuelles avec une camarade, Courtney, avant de finalement se revendiquer comme homosexuel.

Tara, qui n’avait plus changé de personnalité depuis plusieurs mois, redevient Buck, séduit une serveuse de bar, Pammy, et s’engage dans une relation lesbienne qu’elle ne parvient pas à assumer. Cette quête d’idendité, commune au fils et à la mère, vient se surimposer au problème des désordres comportementaux de Tara. Elle vient surtout rappeler qu’il est difficile de savoir avec exactitude qui l’on est, et qu’au cours d’une vie aucune certitude ne sera jamais fournie en réponse à la question du “qui suis-je ?” Il y a une sorte de leçon d’humilité dans ces premiers épisodes.

Ces repères sont encore un peu plus brouillés par Kate, la fille de la famille, qui semble un instant trouver sa voie en se faisant engager dans une société de télé-démarchage (je ne vois pas de néologisme plus précis), mais finit par aboutir en modèle d’une peintre adepte de la mariejeanne et créatrice d’une héroïne de comic-book sans véritable succès.

Kate qui donnait l’impression d’avoir les pieds sur terre se laisse entraîner dans un univers de rêverie, confirmant avec quelle facilité il est possible d’abandonner la réalité. Au fond, l’exemple de Tara fonctionne comme une maladie contagieuse, aucun de ses enfants ne parvenant à savoir qui il est. Les scènes de sexe se multiplient et dans le cas de Marshall, elles apportent une touche comique qui s’inscrit en regard de celles plus suggestives de Buck et de Pammy.

Le seul à tenir le fortin dans ce tourbillon schizophrène est Max, le mari. On avait pu faire un parallèle entre son personnage et celui de Kevin Peyton, l’époux de Nurse Jackie. On avait pu souligner le caractère commun aux deux séries: une femme de tête et un homme qui assure l’essentiel des tâches ménagères tout en affichant un caractère patient, doux et conciliant face aux contraintes et aux difficultés rencontrées par leur femme. Là encore, l’évolution est évidente et salutaire.

Là encore, on evite le piège d’un Max Gregson toujours aussi sympa, toujours aussi compréhensif, toujours aussi aimant. En fait, le seul point sur lequel il ne change pas est le dernier. Enfin, il se paie un vrai “pétage de plombs”, il se sert de ses poings, de sa mauvaise humeur et de sa personnalité. Cela était attendu, certes, et cela vient au bon moment. Dans un univers voué aux dysfonctionnements, il n’est pas lui-même parfait.

Dernière subtilité, et qui s’impose comme un sous-texte, les Gregson décident de racheter la maison voisine dont le propriétaire s’est suicidé récemment. Les travaux de rénovation et de reconstruction sont évidemment des versions symboliques des chantiers qu’entreprennent chacun des membres de la famille. Mieux, et ouvrant une porte sur l’avenir, Tara est non seulement affectée de troubles de la personnalité, mais également de crise de pure schizophrénie avec dédoublement de son individu. Il y a là un filon extrêmement prometteur qui a commencé à être abordé quant à l’idendité voulue et à l’identité requise. Quant à l’idendité de confort et l’identité de contrainte. On tenait une bonne petite série, on tient quelque chose de mieux.

(Dessin, Martin Vidberg)

Ecrit par teddymatt 
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